Le Touquet-Paris-Plage a connu, dans la première moitié du 20ème siècle, les affres des deux guerres mondiales. Un épisode dont la station perpétue encore le souvenir.

Nous sommes en 1914. Tandis que commence la Première Guerre mondiale, la Côte d’Opale n’est pas directement touchée par les combats. Elle concentre, dès 1915, l’essentiel de la logistique anglaise. Les troupes britanniques investissent notamment Montreuil-sur-mer, pour y installer leur quartier général, tandis qu’Étaples-sur-mer accueille à la fois un camp d’entraînement et une immense zone sanitaire.

Le casino de la forêt, transformé en hôpital militaire britannique.

Une station aux couleurs de la Belgique

Dès 1915, Le Touquet devient un lieu de repos pour les soldats blessés, avec environ 3400 lits. Hôtels et casinos du littoral sont progressivement transformés en hôpitaux de fortune. C’est dans ce contexte que plus de 6000 réfugiés belges investissent la station. Les services municipaux de la ville d’Ypres y transfèrent notamment leur administration, doublant la population de la commune. Pour nourrir tout ce petit monde, un champ de pomme de terre est aménagé dans le jardin public. Ce dernier sera rebaptisé « Jardin d’Ypres » le 30 juin 1935, pour commémorer cet épisode singulier.

Un champ de pommes de terre dans le jardin public du Touquet.

Le 11 novembre 1918, la signature de l’Armistice marque la fin de la Première Guerre mondiale. Un nouveau chapitre s’ouvre : celui de la paix retrouvée. Malgré l’euphorie ambiante, la transition s’annonce complexe. Car ces quatre années de guerre ont profondément marqué l’ensemble de la Côte d’Opale. Tandis que les premiers monuments aux morts fleurissent dans environs dès 1919, les tombes de soldats érigées au cimetière du Touquet témoignent de la violence du conflit. 48 citoyens et militaires belges sont également inhumés sur place.

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Les cicatrices de la Seconde Guerre Mondiale

L’histoire se répète en 1939. Lorsque débute la Seconde Guerre Mondiale, Le Touquet-Paris-Plage redevient centre sanitaire. Tout bascule le 21 mai 1940, lorsque deux officiers Allemands se présentent à l’Hôtel de Ville : c’est le début d’une période d’occupation qui durera 4 ans.

Les soldats allemands sous l’Occupation

Sous l’Occupation, le front de mer touquettois se militarise. Les généraux allemands pressentant un débarquement allié dans le Pas-de-Calais, le littoral de la Côte d’Opale (mais aussi l’ensemble de la façade Atlantique) se transforme.

Tandis que, dans le ciel, la bataille fait rage, de nombreux hôtels et équipements de la ville sont occupés et utilisés par les forces allemandes. Les forces alliées de la Royale Air Force bombardent la ville. L’ordre d’évacuation est finalement donné, et les soldats allemands reçoivent l’ordre de poser des explosifs à travers toute la station, jusque chez les civils. De nombreux monuments emblématiques sont minés, et d’autres détruits par les bombes. 

À la Libération, le 4 Septembre 1944, les troupes canadiennes investissent une ville déserte et sinistrée. La presse de l’époque qualifie alors Le Touquet de « ville la plus minée de France ». Trois années seront nécessaires pour la déminer totalement, une opération courageusement réalisée par des civils, sous l’égide de M. René Béchu. Ce sont au total 92745 mines et engins explosifs qui sont retrouvés et désamorcés sur le territoire de la commune.

En 2017, les grandes marées ont dévoilé six engins explosifs, de type pieux Rommel, finalement désamorcés par les services de déminage.