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L'annonce de la maladie: "une bombe atomique"
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A 42 ans, Béatrice se sent lasse, essoufflée et extrêmement fatiguée. Son frère, atteint d'un mélanome vient de mourir. "J'ai mis tout cela sur le compte de cette douloureuse épreuve. Mais quand-même, à force d'entendre mes amies dire que j'avais une tête épouvantable j'ai vu mon mèdecin qui m'a prescrit des analyses". Les résultats sont mauvais et tout de suite évocateurs d'une leucémie. Fin septembre, Béatrice est hospitalisée pour subir une ponction de moelle osseuse. "J'étais pessimiste sur mon état. J'ai tout de suite pensé à cette maladie. Pourtant quand le diagnostic est tombé, leucémie aiguë, il m'a fait l'effet d'une bombe atomique. Ma première question au mèdecin a été: est-ce que j'ai une chance de survivre ?"
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Le début de traitements lourds
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Béatrice reste hospitalisée deux mois. Elle commence sa première chimiothérapie très forte et 18 jours plus tard, elle n'a déjà plus de cheveux. Suit alors une longue période d'aplasie médulaire (le malade n'a plus aucune défense naturelle et la moindre infection peut lui être fatale) où elle est isolée en chambre stérile. "Non seulement vous êtes malade, seule mais en plus vous n'avez pas le droit de recevoir plus d'une personne à la fois dans votre chambre. Et encore celle-ci doit être équipée d'une blouse, d'un masque, de gants ... et surtout ne doit pas vous toucher, vous embrasser. C'est extrêmement dur à supporter pour vos proches et ça vous déchire de les voir repartir."
Le 24 décembre, après une nouvelle chimio encore plus forte et avoir appris qu'elle pouvait subir une greffe de moelle osseuse, elle est autorisée à rentrer chez elle.
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La greffe, une épreuve terrible
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Recevoir une greffe de moelle osseuse demande une certaine préparation. Pour que la greffe soit tentée, il faut s'assurer que la compatibilité entre le donneur et le receveur soit égale à 95%. Ce n'est qu'à partir de là que des analyses complémentaires très poussées, notamment génétiques seront entamées car celles-ci coûtent excessivement chères. Heureusement pour Béatrice elle est apte à recevoir la moelle de sa soeur. Mais elle doit au préalable retourner en chambre stérile et subir une nouvelle chimiothérapie plus forte que les précédentes.
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L'attente
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Il faut environ cent jours pour savoir si la greffe a réussi. Pendant cinq semaines, dans sa chambre stérile, Béatrice se retrouve face à elle-même et seule avec ses souffrances. La chimiothérapie provoque des vomissements terribles, des diarrhées à répétition et déclenche l'apparition des aphtes dans la bouche, l'estomac, l'oesophage qui brûlent horriblement. Elle ne peut même plus se nourrir. Ce n'est qu'au bout de trois semaines, vers la mi-février 2003, qu'elle commence à reprendre des forces. En mars, elle sort de l'hôpital et retourne chez elle en convalescence.
" Je devais porter un masque et être d'une vigilance extrême avec les éventuels microbes."
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"Ca n'avait rien à voir, là c'était l'Hiroshima. Je vomissais tout le temps, j'étais sous pompe à morphine 24h/24. Je n'ai pas vu le jour pendant 3 semaines. Une greffe c'est terrible. Vous connaissez le point de départ mais pas celui de l'arrivée. Vous vivez dans l'angoisse de l'infection."
Etre greffée n'est pas tout, il faut aussi que la moelle osseuse accepte ce nouvel organisme. Le greffon peut attaquer à tout moment l'organe qu'il veut (yeux, peau, appareil digestif) et le détruire.
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La rechute et une nouvelle greffe
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En novembre 2004, elle se découvre une boule dans le sein gauche et repart pour une nouvelle série d'examens. Des cellules de sa leucémie sont isolées dans cet organe. C'est l'opération, on lui retire la tumeur et un ganglion atteint. Mais ça n'est pas suffisant.
" A nouveau, on m'a fait une chimiothérapie, à nouveau j'étais en aplasie et à nouveau j'ai perdu mes cheveux. J'ai passé les fêtes de Noël à l'hôpital." Mais Béatrice ne perd pas espoir. Elle ne laissera pas cette terrible maladie la détruire.
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En janvier 2005, elle a le droit à 15 jours d'accalmie à la maison avant de repartir pour une énième chimiothérapie. Pendant 21 jours, elle a une forte fièvre dont on ne trouve pas l'origine. "Puis j'ai attrapé une streptocoque, fait une septicémie, j'ai vraiment cru que j'allais mourir."
Le 11 mars, elle subit une nouvelle greffe de moelle osseuse. Elle doit encore supporter une radiothérapie sur les deux seins pour neutraliser d'éventuelles cellules cancéreuses qui pourraient rester. Elle a recommencé le sport et garde confiance dans la vie en profitant de chaque seconde.
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Le sport, un allié important
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Pendant toutes ses hospitalisations, Béatrice continue à faire un minimum de sport. Elle est même autorisée à avoir un stepper dans sa chambre et tous les matins, après son petit-déjeuner, elle s'astreint à en faire 20 minutes, même épuisée par son lourd traitement. C'est d'ailleurs son excellente condition physique de grande sportive qui l'aidera tout au long de sa maladie. Après sa greffe, Béatrice reprend peu à peu une vie normale ponctuée d'examens sanguins réguliers. Ses cheveux repoussent et elle commence tout doucement à reprendre une activité sportive.
"Je courrais 20 secondes et je marchais une minute. Puis j'ai recommencé à donner des cours de karaté et repris la compétition."
En juin 2004 après tous ces mois de douleurs, elle est championne d'Europe de karaté (kata) en Italie. Mais son bonheur retrouvé ne sera que de courte durée.
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Une envie de vivre plus forte que tout
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Quand vous écoutez Béatrice vous raconter sa maladie, ses souffrances, ses rechutes, ses déceptions en gardant le sourire et la voix pleine de punch et d'espoir vous ne pouvez que vous demander: mais comment fait-elle ? Où trouve-t-elle cette force ?
"J'ai tout simplement envie de vivre et je veux être plus forte que la maladie. Grâce à cette greffe, on m'a offert une chance de vivre, alors que mon frère lui n'a eu aucune "porte de sortie". Je me dois de m'en sortir et de profiter de chaque instant. Et puis j'ai un mari, une fille qui souffrent aussi. Le karaté m'a aussi appris à me battre, à encaisser les coups. Cette épreuve m'a transformée, elle m'apprend à apprécier pleinement la vie et découvrir avec un autre regard."
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Consultez le site de l'Association Laurette FUGAIN
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